🗑️ Laisser de côté

🗑️ Laisser de côté
Photo by Gary Chan / Unsplash

Il va nous falloir laisser des choses de côté. C’est désormais clair, on ne s’en sortira pas juste en pissant sous la douche, en interdisant les cotons-tiges en plastique et en misant tout sur l’avion à hydrogène (vert bien entendu). Il nous faut donc accélérer l’achèvement du XXe siècle pour enfin commencer à répondre sérieusement aux enjeux de celui-ci. J'aime bien parler de ce triple A du changement. Ils sont trois et pas un ne doit manquer. Le premier A pour « adapter ». C’est la somme de ces transformations nécessaires de nos pratiques individuelles et collectives : produire plus propre, construire moins sale, moins s’étaler, brûler moins d’essence, jeter moins, voler peu, faire plus de vélo, construire moins de SUV, manger moins de viande… autant de changements à accepter, organiser et pérenniser. Pas simple, mais pas mystérieux non plus : on sait ce qu’il nous reste faire, et on a même (un peu) commencé.

« Adopter » ensuite, c’est le deuxième A, et ça on sait très bien faire. Enfin, on maîtrise bien le début du processus : du plus petit service compta au sommet de l’Etat, nous produisons un volume considérable de plans d’action plein de nouvelles choses à faire sous Excel©, PowerPoint©, Post-it© ou Velleda©. C'est sans doute une part mesurable du PIB tant cela mobilise de ressources en séminaires de hauts niveaux et consultants de tous poils. Mais pour mettre en œuvre et évaluer ces actions, c’est autre chose. Car nous n’avons pas le temps, pas la place pour nous engager dans de nouvelles voies. Il manque en effet le troisième de A, pour « abandonner ».

Que laisse-t-on de côté pour faire de la place ? Quels sont les renoncements nécessaires pour pouvoir engager les grandes transformations ? Ce n’est pas qu’une question de grands projets soudainement devenus inutiles. Pour nous faiseurs de villes, c'est aussi celle du quotidien qui est questionnée : arrêter de construire ce nouveau contournement routier, d’aménager ce lotissement, d'étendre ce parc d'activité, d’acheter des canons à neige, de renforcer cette digue, d’arroser ce golf, de construire ce nouvel équipement public... Ce n’est pas toujours dans l’addition que sont les solutions, mais aussi dans la soustraction. Ne pas faire et même défaire est sans doute nécessaire pour avancer vraiment. Pousser cette « écologie du démantèlement », même si manifestement les « dé- » ont du mal à passer en ce moment — preuve qu’ils posent de bonnes questions.

Alors faut-il tout arrêter ? Certainement pas, mais faire le tri entre ce qui relève du siècle qui s’achève et ce qui est à la hauteur de celui qui s’ouvre. Nous n’avons pas besoin d’images de synthèses pour rêver la ville du futur, elle est déjà là : 80% de la ville de 2050 nous entoure déjà. Une ville qui est moins à construire qu’à réparer pour répondre à nos besoins futurs comme aux enjeux du siècle, mais pour cela il faudra en laisser des choses derrière nous.

— Sylvain (@SylvainGrisot)

PS : Les Assemblées de la Loire ont lieu du 9 au 12 septembre à Tours. J’interviens samedi mais y serai dès vendredi, faites un signe pour boire un café ;)

Entretien · Transformer les situations construites

Patrick Rubin a fondé en 1982 l'atelier Canal architecture. Il s’est intéressé très tôt à des projets de reconversion de bâtiments industriels ou patrimoniaux. Il a aussi aussi documenté et défendu ce parti pris au travers notamment de deux ouvrages Construire réversible en 2017, et puis plus récemment Transformation des situations construites en 2020. Ce sont des prises de parole en faveur du travail de l'existant et de la construction de bâtiments pérennes, car évolutifs. Il nous explique.


Ouverture · Lire, écouter, rencontrer, voir...

đź“… Agenda.

  • 14 septembre : apĂ©ro-zoom avec Marie ChĂ©ro, responsable de la mobilitĂ© Ă  la fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme. (Femmes en mouvement)
  • 16 au 23 septembre : webinaire de formation destinĂ©e aux collectivitĂ©s sur l’habitat participatif. (Habitat Participatif Ouest)
  • 16 septembre Ă  Paris ou en ligne : “De l’unitĂ© d’habitation Ă  la ville monde”, colloque sur Le Corbusier. (Tema.archi)
  • 17 septembre Ă  Marseille : rencontre sur la place de la nature en ville en mĂ©diterranĂ©e. (AGAM)
  • Du 17 au 19 septembre, entre Gennevilliers et Bagneux : journĂ©e europĂ©enne du patrimoine. (Le Grand Voyage)
  • 21 septembre : Inscrivez vous Ă  notre webinaire “Changer la ville par le vĂ©lo” de rentrĂ©e, qui portera sur l’usage du vĂ©lo en ville, avec pour invitĂ© Stein van Oosteren, porte-parole du collectif vĂ©lo Ile-de-France et l'auteur du livre Pourquoi pas le vĂ©lo ? Envie d'une France cyclable. (dixit.net)

⚠️ Offre de thèse. Proposition de thèse en économie circulaire/aménagement de l'UMR SMART-LERECO, à Angers. Offre valable jusqu’au 1er octobre ! (Thèses et doctorat en Bretagne-Loire)

⚠️ Territoire Pilotes de Sobriété Foncière. Plus que quelques jours pour répondre aux consultations de Sète agglopôle, le Grand Poitiers, et Maubeuge Val de Sambre pour participer à l’expérimentation initiée par Actions Cœur de Ville, le PUCA et la DGALN. On attend vos offres !

🎙️ Emission. C'était dans le temps les débats de cet été : est-il encore possible de se loger en France ? Faut-il encore construire, et si oui, où et pour qui ? Avec Emmanuelle Wargon, Jean-Claude Driant et Christine Leconte. Un très bel échange. (France Culture)

⭕ Giratoire. Encore un article sur les ronds-points ! Cette semaine, une carte sur la répartition des ronds-points en France. Autant vous dire qu'on est encore bien servi dans l'ouest ! (Beyond the maps)

🌳 Paysage et ville. Entretien de Sylvanie Grée, de l'agence d'ici là, qui nous rappelle que la nature en ville se joue sur le temps long et sur la qualité. Grâce à son optimisme, elle cherche à encourager le mouvement de (re)végétalisation que connaissent de nombreuses villes. Elle propose aussi aux collectivités d'aller encore plus loin en ayant une réelle stratégie des vides urbains. (Novabuild)

📖 A lire. Urbanisme, entre utopies et "monde d'après", 24ème Université d'Eté des Urbanistes. Chaque année, portés par le Conseil Français des Urbanistes, les urbanistes se retrouvent dans un lieu différent pour partager sur les enjeux de la ville, le devenir de l'urbain et l'évolution de leurs pratiques professionnelles. La rencontre de 2020 au Familistère de Guise a eu un goût tout particulier, en pleine pandémie mondiale, où l'on s'est mis à dessiner le "monde d'après". Si on ne peut vous résumer les dizaines de conférences et ateliers, il en est sorti un court manifeste pour s'engager à une ville plus résiliente par des solutions inventives et concrètes, qui pose les bases d'un urbanisme de "l'après". (Editions CFDU)

💡 Réinventer. 10 nouveaux lieux à réinventer dans Nantes Métropole ! Un dessous de pont, une église, un pigeonnier... Des espaces atypiques pour des projets créatifs, solidaires et écolos proposés. C'est le moment de découvrir les lieux, puis de proposer un projet à partir de décembre. (Nantes Métropole)

dixit.net est une agence de conseil et de recherche urbaine. Tous les mercredis, nous décryptons dans notre newsletter les grands enjeux de la ville et de ses transitions. Si vous la lisez pour la première fois, c'est le moment :