đĄïžÂ Passer le message
Non, les dĂ©cideurs ne liront pas la synthĂšse des derniers rapports du GIEC qui leur est destinĂ©e. Car, soyons honnĂȘtes, ce document nâest pas si lisible que cela. Câest une synthĂšse (Ă lâattention des dĂ©cideurs) dâun rĂ©sumĂ© (technique) dâune compilation des travaux scientifiques sur le climat (le rapport complet). Alors câest un peu sec Ă©videmment, un peu techno et pas trĂšs illustrĂ©. Une lecture parfaite avant de se coucher, plus efficace que la camomille.
Mais ce message doit pourtant bien passer auprĂšs des dĂ©cideurs de tous poils. Bien peu dâentre eux remettent encore en cause lâexistence des dĂ©rĂšglements du climat, mais leur connaissance des faits est souvent trop partielle, et le doute profite Ă lâinaction. Alors les choix nĂ©cessaires patinent, sâoublient en compromis et sont victimes des «âoui, maisâŠâ» qui peuplent les commissions dâarbitrage.
Alors, comment faire passer le messageâ? Certains chercheurs se sacrifient et prennent le temps de ne plus faire de science, pour mieux la faire passer. Il nây a rien de vulgaire Ă vulgariser, câest mĂȘme vital quand il sâagit de climat. ValĂ©rie Masson-Delmotte Ćuvre inlassablement pour rendre accessible le travail du GIEC, et elle le fait avec brio. Nous reproduisons ici avec son autorisation trois (longues) sĂ©ries de tweets qui rĂ©sument trĂšs lisiblement les conclusions des trois volets du 6e rapport du GIEC. Câest une saine lecture, et pas que pour les dĂ©cideurs.
Nous avons besoin de ces passeurs, cruellement. De ces scientifiques qui font un pas de cĂŽtĂ© et renoncent Ă leur passion pour tirer la sonnette dâalarme. De journalistes qui passent plus de temps Ă poser les bonnes questions quâĂ Ă©chauffer les esprits en agitant de mauvaises rĂ©ponses. De professionnels qui font les dĂ©tours nĂ©cessaires pour expliquer les bouleversements en cours dans leur champ disciplinaire. Nous avons besoin de ces passeurs, pour Ă©clairer les dĂ©cideurs comme ceux qui subissent leur choix. Câest ce que lâon tente ici, modestement, en essayant de mieux cerner les questions qui se posent Ă nos villes, et en donnant la parole Ă celles et ceux qui cherchent des solutions.
Mais cela ne suffira pas, il nous manque plus que des arguments rationnels pour amorcer les redirections nĂ©cessaires. Nous avons aussi besoin dâimaginaires qui nous laissent entrevoir un futur dĂ©sirable, et dâesprits crĂ©atifs pour les esquisser. Aux femmes et aux hommes politiques de faire Ă©merger sur ces terreaux fertiles une vision partagĂ©e qui permette dâavancer, enfin.
On a du boulot.
â Sylvain Grisot (Twitter / Linkedin)
PS : On vous attend pour notre prochain webinaire vendredi 3 juin de 13 à 14h avec Aurélie Delage et Anaïs Collet, coordinatrices de l'étude "Exode urbain : impacts de la pandémie de COVID-19 sur les mobilités résidentielles" commanditée par le PUCA et Réseau Rural. (S'inscrire)
Voici la synthÚse en 3 épisodes du 6e rapport d'évaluation du rapport du GIEC que nous propose Valérie Masson-Delmotte sous la forme d'un fil de tweets reproduits ici de façon plus lisible :
đ Du 28 juin au 1er juillet auront lieu les 23Ăšmes Rencontres Internationales en Urbanisme Ă Bordeaux ! Elles sont organisĂ©es par l'APERAU et vous pourrez y croiser Sylvain. (S'inscrire)
đ Newsletter. Envie de carto ? C'est deux fois par mois que Le Plan nous fait dĂ©couvrir un sujet, comme les ilots de chaleur urbains ou les donnĂ©es satellites des combats, via la magie des cartes et des donnĂ©es ! (Le Plan)
đ RĂ©versibilitĂ©. Un Ă©tat des lieux plutĂŽt complet de la rĂ©versibilitĂ© des bĂątiments construits actuellement : on y croise Anne DĂ©mians et son bĂątiment strasbourgeois Black Swan, mais aussi lâagence Canal Archi qui a travaillĂ© en profondeur sur le sujet. Vous pouvez dâailleurs retrouver ici notre entretien avec Patrick Rubin. Un beau challenge pas si nouveau pour les architectes. (Tema.archi)
đ Globe. Cartographie des endroits qui vont devenir inhabitables (canicules, inondations, sĂ©cheresse...), avec une vision 3D en forme de globe. Câest bien fait, mais assez angoissant. (Morgenpost)
đ Ville fĂ©ministe, notes de terrain, de Leslie Kern (Ă©ditions remue-mĂ©nage, 2022) Lisez bien le titre : autant vous dire que quelquâun chez dixit Ă©tait la cible parfaite pour cet ouvrage ! Qui en plus, est super. Parler fĂ©minisme par le prisme de la gĂ©ographie et de lâurbanisme, câest parlĂ© de la rue, des espaces publiques, des manifestations, des bĂ©bĂ©s, des corps, mais aussi dâamitiĂ©s, de sĂ©ries tĂ©lĂ©visĂ©es et de toilettes. De tout en fait. Et câest ce que rĂ©ussit Ă faire avec brio Leslie Kern, professeure de gĂ©ographie au Canada : aborder des sujets universels et largement documentĂ©s en partant de sa propre histoire et de ses observations sur le terrain.
Câest gĂ©nĂ©ralement une mĂšre sans handicap et mariĂ©e avec un emploi de col rose ou de col blanc quâon imagine bĂ©nĂ©ficier dâun urbanisme attentif au genre. Or, cette femme reprĂ©sente une minoritĂ© dans la plupart des villes actuelles, ce qui suggĂšre que les besoins dâun grand nombre de femmes ne seront pas comblĂ©s grĂące Ă la transversalisation du genre.
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