Une enquête nationale menée en septembre 2020 identifie trois qualités attendues d'un bon logement : calme (58 %), ouvert sur l'extérieur (52 %) et proche de tout (41 %). Une définition de la ville, en somme — ou de ce qu'elle devrait être.
Quantité contre qualité
Depuis vingt ans, les dispositifs de défiscalisation soutiennent la production de logements neufs dans une logique avant tout quantitative. Résultat : les trois pièces neufs font aujourd'hui en moyenne 60 m² en France, contre 75 m² dans le reste de l'Europe. La hauteur sous plafond moyenne a perdu 27 cm en soixante ans, alors que les Français ont grandi de 7 cm sur la même période. La cuisine, elle, tend à disparaître comme pièce séparée : un simple mur du séjour, dans les logements les moins bien éclairés.
La crise sanitaire de 2020 a rendu ce déficit de qualité criant : près de cinq millions de Français confinés dans un logement surpeuplé rien qu'en région parisienne, dix millions de Français confinés seuls, souvent en zone rurale — révélant combien le logement ne se limite pas à un lieu de sommeil.
L'urbanisme du partage
Face à cette standardisation, les auteurs défendent un urbanisme du partage, à l'échelle du quartier comme du bâtiment : machine à laver, laverie, salle commune, chambre d'amis, jardin ou toit partagés. Ce partage des surfaces réduit le coût du logement sans pour autant réduire la qualité de vie — à condition de donner envie de ce partage et d'associer les futurs habitants à la conception de ces espaces non standards.
Autre piste explorée : dissocier la propriété du sol et celle du bâti, pour sortir le coût prohibitif du foncier de l'équation économique du logement et permettre à davantage de ménages de rester en ville.
« L'enjeu est peut-être moins de donner envie de ville que de faire une ville qui donne envie. »
Les propositions du chapitre
- Diversifier les formes urbaines et les typologies d'habitat permettant de bien vivre dans la ville dense.
- Améliorer la qualité des logements (taille, hauteur, luminosité, espaces extérieurs) et leur relation à la ville.
- Faire évoluer les modes de financement pour que le logement ne soit plus un produit économique comme un autre.
- Intégrer systématiquement le partage d'espaces dans des opérations pensées par leurs habitants.
- Multiplier les innovations de financement et de montage opérationnel pour massifier l'offre de logements sociaux et abordables.