Ville contre campagne, métropoles contre villes moyennes, centre-ville contre périurbain : le dernier chapitre du livre s'attaque à ces oppositions commodes, mais largement déconnectées de la réalité des interdépendances entre territoires.
Cesser de jouer contre
L'État n'a pas abandonné les territoires ruraux ; les richesses de l'Île-de-France irriguent le reste du pays ; les villes moyennes sont moins concurrencées par les métropoles que par leurs communes voisines ; le périurbain, loin d'être un problème à part, vit depuis longtemps au rythme de la ville qui l'a vu naître. Habitants, marchandises, revenus, matières, énergies, informations circulent sans prêter grande attention aux frontières administratives.
Apprendre à voisiner
Plutôt que d'attendre une hypothétique réforme institutionnelle uniforme, les auteurs appellent à initier la coopération entre les femmes et les hommes qui animent les territoires voisins. Premier terrain concret : les circuits courts alimentaires entre ville et campagne, présentés non comme une solution de confinement mais comme une piste de résilience et de dialogue durable entre mondes urbain et agricole — jusqu'à imaginer que l'agriculture fournisse aussi une partie des matériaux de construction de la ville.
Autres chantiers de coopération cités : des réseaux cyclables pensés à l'échelle des territoires vécus plutôt que des seules communes, et une réflexion partagée sur l'usage des sols, présentée comme la clé de voûte de toutes ces coopérations.
Écrire un nouveau récit territorial
La pandémie a montré que la ville pouvait changer vite et être bien accueillie dans ce changement : pistes cyclables tracées en une nuit, bâtiments délaissés transformés en lieux de production de masques, circuits courts alimentaires improvisés sur des parkings de supermarché. À l'État de contribuer à écrire ce récit d'un territoire qui s'organise dans de nouveaux équilibres — mais à chacun, élu, professionnel ou citoyen, d'y prendre sa part.
« Nous sommes tous responsables de la transition à mener : élus, faiseurs de villes comme citoyens. [...] Soyons déterminés et réparons nos villes. »
Les propositions du chapitre
- Rompre avec les concurrences institutionnelles et les désirs de croissance au détriment des autres territoires.
- Assumer les interdépendances et développer des collaborations concrètes entre les territoires, au travers ou en dehors des échelles institutionnelles.
- Mobiliser les acteurs publics et privés pour le développement de stratégies locales sur les mobilités du quotidien, l'alimentation et les filières de matériaux.
- Positionner les schémas de cohérence territoriale aux échelles de vie des citoyens, en y associant les stratégies agricoles et urbaines.